Agrivoltaïsme caprin, comment ça marche ?
Découvrez comment l’agrivoltaïsme caprin associe élevage de chèvres et panneaux solaires : ombre naturelle, bien-être animal amélioré, revenus complémentaires et énergie verte. Fonctionnement et avantages expliqués !


L’agrivoltaïsme caprin représente une solution innovante et prometteuse pour les éleveurs de chèvres qui souhaitent diversifier leurs revenus tout en participant à la transition énergétique. Ce système combine intelligemment l’élevage caprin avec la production d’électricité solaire sur une même parcelle. Mais concrètement, comment cela fonctionne-t-il au quotidien ? Décryptage.
Qu’est-ce que l’agrivoltaïsme caprin ?
L’agrivoltaïsme consiste à installer des panneaux photovoltaïques surélevés au-dessus de prairies, pâturages, jachères ou friches agricoles, de manière à ce que les animaux puissent continuer à pâturer librement en dessous. Dans le cas caprin, les chèvres – animaux agiles et curieux – profitent de l’ombre créée par les panneaux tout en maintenant la végétation sous contrôle.
Les panneaux sont positionnés à une hauteur adaptée (généralement entre 1,5 et 2 mètres, voire plus pour certaines races particulièrement sauteuses), avec des structures conçues pour résister aux comportements caprins : pas d’appuis horizontaux pour grimper, des câbles protégés contre les rongements et des zones d’enrichissement (pierres, souches) pour détourner leur attention.
Les bénéfices pour les chèvres et leur bien-être
Les chèvres adorent l’ombre ! En période de forte chaleur, les panneaux créent des zones fraîches qui réduisent le stress thermique. Des études montrent que cela peut abaisser la température ressentie de plusieurs degrés, améliorant le confort des animaux et potentiellement leur santé globale.
De plus, l’ombrage modéré favorise une pousse plus régulière et durable de l’herbe, surtout en été sec. Cela limite les zones de surpâturage et aide à préserver la qualité des sols. Avec une bonne rotation des parcelles, les chèvres contribuent à l’entretien naturel des terrains, y compris dans des zones envahies par des ronciers ou jeunes broussailles.
Côté bien-être, les installations sécurisées (clôtures renforcées, haies paysagères) réduisent aussi les risques de prédation. De nombreuses races s’adaptent très bien : Rove, Provençale, Boer ou Poitevine intègrent facilement ce type de système. Pour les races plus agiles (comme l’Alpine ou la Saanen), quelques ajustements techniques suffisent souvent.
Une double production rentable et durable
Pour l’éleveur, le principal atout reste économique : un loyer annuel garanti (souvent entre 1 500 et 5 000 €/ha, voire plus selon le terrain) versé par le producteur d’énergie, sans aucun frais d’installation ni de maintenance. Le propriétaire conserve la propriété du terrain et l’accès libre pour son activité agricole.
Côté énergie, on produit de l’électricité verte sans artificialiser de nouvelles terres. Le troupeau entretient la végétation, évitant ainsi des coûts de débroussaillage.
Comment démarrer un projet ?
Il faut une surface minimale (souvent autour de 4 ha, cumulable), un terrain éligible et un engagement à maintenir une activité agricole. Des spécialistes accompagnent les éleveurs pour évaluer la faisabilité, obtenir des offres et sécuriser le projet sur le long terme (contrats de 20 à 40 ans typiquement).
En résumé, l’agrivoltaïsme caprin n’est pas une simple juxtaposition : c’est une synergie où les chèvres aident à valoriser l’espace, l’ombre protège le troupeau et les panneaux génèrent une ressource supplémentaire. Une voie d’avenir pour un élevage caprin plus résilient et diversifié.


