Les attentes de la CDPENAF de la Sarthe vis-à-vis des projets agrivoltaïques : un cadre exigeant pour un développement durable

Découvrez les attentes strictes de la CDPENAF Sarthe sur les projets agrivoltaïques : critères agronomiques, protection des terres et conditions pour un avis favorable. Guide essentiel pour agriculteurs et développeurs.

2/19/20262 min read

L’agrivoltaïsme séduit de plus en plus en Sarthe, département rural où l’agriculture reste un pilier économique majeur. Combiner production d’énergie solaire et maintien d’une activité agricole authentique semble idéal pour répondre aux défis énergétiques tout en préservant les terres. Mais pour la Commission Départementale de la Protection des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (CDPENAF) de la Sarthe, ce n’est pas un feu vert automatique. Elle a publié un guide dédié pour clarifier ses attentes et éviter les dérives.

Pourquoi la CDPENAF Sarthe encadre-t-elle si strictement l’agrivoltaïsme ?

La CDPENAF, instance paritaire associant agriculteurs, élus, environnementalistes et services de l’État, joue un rôle clé depuis la loi APER de 2023 et le décret de 2024. Elle délivre un avis conforme obligatoire pour les projets agrivoltaïques sur terres agricoles. En Sarthe, terre bocagère fertile, la priorité reste la protection des espaces agricoles face à l’artificialisation et à la concurrence des usages.

Le guide de la CDPENAF Sarthe insiste sur la sincérité du projet : l’agrivoltaïsme ne doit pas servir d’alibi à une centrale photovoltaïque classique déguisée. La commission vérifie que l’activité agricole reste principale et durable.

Les critères clés exigés par la CDPENAF Sarthe

Pour obtenir un avis favorable, un projet doit démontrer plusieurs points essentiels :

  • Un agriculteur actif et engagé : l’exploitant doit être présent sur l’exploitation, avec un plan d’exploitation clair et réaliste sur au moins 20-30 ans.

  • Un service agronomique réel apporté par les panneaux : protection contre les aléas climatiques (gel, grêle, sécheresse), amélioration de la pousse ou du bien-être animal (ex. : ombrage pour ovins ou bovins).

  • Pas d’atteinte substantielle à la production agricole : le rendement doit rester supérieur à 90% d’une référence locale ou d’une zone témoin.

  • Revenus agricoles durables : la rente photovoltaïque doit compléter sans remplacer les revenus classiques, et rester supérieure à la moyenne départementale.

  • Taux de couverture limité : souvent plafonné (ex. : max 40% pour les grosses installations), avec espacements et hauteurs permettant un travail normal des machines.

  • Priorité aux terrains déjà anthropisés : friches, parkings, toitures avant les terres cultivées de qualité.

La commission scrute aussi l’étude préalable agricole (EPA), les suivis agronomiques indépendants et les engagements contractuels.

Vers un agrivoltaïsme vertueux en Sarthe

En Sarthe, la CDPENAF favorise un développement équilibré et mesuré de l’agrivoltaïsme. Elle encourage les projets qui renforcent vraiment la résilience des exploitations, sans sacrifier la vocation nourricière des sols sarthois. Ce cadre rigoureux rassure les agriculteurs légitimes tout en filtrant les initiatives purement spéculatives.

Pour les porteurs de projets, bien préparer son dossier en amont, avec des expertises solides et un dialogue ouvert avec la profession agricole, est la clé du succès.

L’agrivoltaïsme peut être une opportunité en Sarthe, à condition de respecter ces attentes exigeantes. C’est le prix d’un équilibre entre énergie verte et souveraineté alimentaire.